Lydia, une famille d’artistes franco-polonaise

Lydia, une famille d’artistes franco-polonaise

Françaises ou polonaises francophones, elles vivent aujourd’hui leur retraite en Pologne. Témoignages précieux de l’Histoire, de vies, souvent extraordinaires.

Sur une idée originale de Varsovie Accueil, ces séniors ont accepté de nous faire partager leurs expériences et leurs histoires. Le premier article de cette série retrace le parcours de Misti, qui, après avoir passé toute sa jeunesse en France s’installe, à l’âge de 30 ans dans le Varsovie des années 70 !

 

🇵🇱 Son enfance en Pologne

Lydia est née en 1950 en Pologne, en Międzylesie. Après avoir vécu en France pendant de nombreuses années, sa famille retourne en Pologne en 1947. Elle vit alors dans une petite maison construite après la guerre, avec sa mère et ses grands-parents. Elle échange en polonais avec sa famille et sa mère, qui maîtrise mal le français a peur qu’elles ne l’apprennent pas correctement.

Alors que Lydia est âgée de seulement 9 ans, sa mère décide de retourner s’installer en France, et la laisse en Pologne sous la protection de sa grand-mère. C’est une artiste qui dessine, entre autres, des portraits à Montmartre et son mode de vie est difficilement conciliable avec une vie de famille. Lydia se rappelle que lorsqu’elle était petite, elle aimait bien dessiner mais sa mère lui a rapidement fait comprendre qu’elle ne disposait pas de son talent pour s’orienter dans cette voie.

Son oncle Fiedorezyk, qui croit en elle, la met en relation avec une artiste peintre et sculpteur, connue en France à cette époque, et qui se propose de lui donner des cours, malheureusement Lydia ne persévérera pas dans cette voie artistique. Pendant quelques années, elle ne verra pas sa mère qui rencontre des problèmes administratifs pour rentrer en Pologne.

🇫🇷 Une vie entre Paris et Varsovie

Lydia passe donc sa jeunesse entre Varsovie, où elle vit la plupart du temps, et Paris où elle se rend pour voir sa mère. Selon elle, malgré la période communiste, cela n’a jamais été difficile de se rendre en France, comme sa mère y vivait et qu’elle avait la nationalité française, on ne lui a jamais refusé de quitter le pays.

C’est à 17 ans, qu’elle se rend pour la première fois à Paris et quand elle arrive là-bas tout lui plaît, elle découvre la ville et ses nombreux magasins… Cependant, elle n’a jamais réellement pensé à s’installer à Paris, sa vie, à elle, c’est à Varsovie qu’elle la construit avec sa grand-mère. Ayant toujours aimé réaliser des travaux manuels avec les enfants, Lydia décide de devenir institutrice et exerce son métier de 1970 à 1975.

En 1975, suite au décès de sa grand-mère, Lydia quitte son poste d’institutrice et se rend chez sa mère en France pour apprendre le français et découvrir la vie là-bas. Quand elle arrive, elle parle peu le français et même si elle a toujours regardé la télévision dans cette langue, elle ne l’a jamais réellement pratiquée. Pour l’apprendre, elle prend des cours à l’alliance française.

Pendant cette période, Lydia habite avec sa mère dans un studio à Montmartre et travaille d’abord dans une entreprise de caviar puis ensuite comme assistante dentaire. Elle nous raconte en riant, « c’était horrible, quand je travaillais dans l’entreprise de caviar, j’avais tout le temps l’odeur sur moi ». Au bout de 5 ans elle quitte son travail d’assistante dentaire qui ne lui plaît pas et décide de rentrer à Varsovie, pour enseigner ayant un niveau de français maintenant suffisant.

👩‍⚕️ Un retour en Pologne juste avant l’Etat de guerre

En 1980 Lydia revient à Varsovie, seulement un an avant la déclaration de l’Etat de guerre, elle nous raconte qu’elle n’a pas réellement été affectée par cet épisode ni même par le communisme en général. Elle travaillait avec des enfants dans une école et pouvait manger à la cantine, elle recevait souvent de la nourriture envoyée par sa mère, et ne manquait absolument de rien.

Elle a aussi beaucoup voyagé avec sa mère depuis la France, pour visiter notamment l’Italie, l’Espagne, le Portugal, sans jamais rencontrer de problème. Avec la naissance de sa fille en 1983, elle a obtenu un congé maternité de 3 ans, tout en gardant sa pension d’institutrice ce qui lui a permis de profiter de la mer, de la montagne pour se reposer.

👵🏻 Aujourd’hui…

Sa vie se ponctue d’allers-retours en France, à Paris pour voir sa mère, ou à Annecy où elle possède un appartement. Elle gravite toujours autour d’un milieu très artistique réunissant peintres, chanteurs, poètes, philosophes qui constituent son cercle d’amis.

Lorsqu’on entre chez elle, on peut d’ailleurs admirer dans son appartement des œuvres d’art, cadeaux d’amis ou des œuvres réalisées par sa mère ou son oncle. Si la passion pour la réalisation artistique n’a pas touché Lydia, qui ne peint, ni ne dessine, il semblerait que la tradition artistique se perpétue dans la famille avec sa fille. Celle-ci, diplômée de l’école des beaux-arts de Łódź, crée en effet des bijoux et les vend dans les différents salons de mode organisés à Varsovie.

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