Niepodległa x100 : 100 ans de droits des femmes polonaises

Niepodległa x100 : 100 ans de droits des femmes polonaises

À l’occasion de l’anniversaire des droits électoraux acquis par les femmes polonaises, l’association Sto Lat Głosu Kobiet a réalisé une exposition en Novembre 2018 à Cracovie.

Cette dernière proposait à ses spectateurs un voyage historique, à la découverte des droits des femmes en Pologne. Voici le résumé et quelques photos de cette exposition qui pris place à Cracovie.

💯 “Niepodległa x100”

Rendez-vous au bâtiment Zet Pe Te pour une exposition éphémère sur les droits des femmes depuis les années 1900 … mais vous vous retrouvez dans un quartier de Cracovie qui semble comme couper du monde avec de vieux hangars devenus des bars, des “restaurants”, des salles de concert. Après une exploration un peu tordue, vous trouvez quand même l’événement que vous cherchez. Il se situe dans une sorte de bâtiment désinfecté au deuxième étage, parquet qui grince, mur délabré.

C’est dans cette ambiance décalée et dans ce lieu abandonné que se trouve l’exposition de l’association Sto Lat Głosu Kobiet (100 ans de voix de femmes). Cette dernière se nomme “Niepodległa x100” (Indépendance x100, en rapport avec le centenaire de l’indépendance et du droit de vote des femmes). Le plus surprenant est, qu’une fois face à l’exposition, le lieu prend tout son charme.

Vous comprenez que vous entrez dans les tréfonds de l’histoire des droits des femmes polonaises et de celle des suffragettes elles-même depuis les années 1900. Un récit des plus complets, chargés d’anecdotes, d’images, d’objets etc … afin de mieux cerner les “100 ans de voix des femmes”. L’exposition démarre avec deux frises chronologiques sous vos pieds.

La première est pour les hommes. Aucune date n’est affichée, juste cette phrase : “Jouissent de tous les droits”. La deuxième est pour les femmes. Mais, cette fois-ci plusieurs étiquettes se suivent sur la frise. Cette dernière commence en 1894 et montre que les femmes ont acquis avec le temps les droits qu’elles réclamaient en tant que citoyennes.

🙆‍♀️L’émancipation des femmes polonaises 

Ainsi, en Pologne, les femmes acquièrent : ● en 1894 l’accès à l’université, ● en 1918 le droit de vote, ● en 1921 le droit d’intenter une action en justice en leur nom, quelque soit la volonté de leur mari, ● en 1928 le droit de participer aux Jeux Olympiques, ● en 1929 le droit d’exercer des professions juridiques, ● et, en 1946 le droit de propriété.

Passé cette frise, l’exposition commence. Tout d’abord, sont exposées les combattantes pour l’indépendance (l’émancipation) des femmes au XIXème siècle et de l’université “volante”. L’université “volante” (Latający Uniwersytet en polonais) était une université illégale en Pologne. Elle permettait de faire des études à la suite des répressions russes qui ont suivi la révolte polonaise. Elle fut active de 1885 à 1905 puis à nouveau de 1977 à 1981. Ce système profita à des milliers de personnes mais notamment aux femmes alors bannies des universités d’Etat.

👩‍🎓Des étudiantes célèbres

L’exposition montre les femmes qui furent étudiantes dans cette université clandestine. Parmi les plus célèbres étudiantes, Marie Curie et Zofia Nałkowska sont présentes. Leurs noms et leurs visages sont affichés sur un mur où gravitent autour ceux d’autres illustres femmes qui ont écrit l’histoire de leur émancipation : Paulina Kuczalska-Reinschmit, Maria Dulębinaka ou encore Eliza Orzeszkowa pour ne citer qu’elles. Ensuite, tout le long du chemin de l’exposition, les murs sont recouverts de noms, de citations, de textes explicatifs, de photographies … Des structures et sculptures éphémères parsèment la présentation comme les livres écrits par les “féministes” de l’époque suspendus au plafond, une mise en scène de la journée de la femme sous la période communiste, l’exposition du travail contemporain d’une artiste contre les violences domestiques etc …

📸Place à quelques photos …

Les photos évoquent la journée des femmes telle qu’elle était célébrée sous la période communiste. À cette époque, les problèmes d’alcoolisme étaient très forts et cette journée était l’occasion “d’aller au bar se saouler une énième fois à la vodka”. Ainsi les hommes offraient à leurs femmes un petit bouquet de fleurs et des collants et partaient ensuite faire la tourner des bistrots.

L’ère communiste restant une période très douloureuse pour les polonais et polonaises, cette journée n’est désormais plus célébrée … Néanmoins, elle est une journée de manifestations pour les droits des femmes comme dans beaucoup d’autres pays. Sur la deuxième image est écrit “8 mars, à nos belles dames”.

Sur la première photo les parapluies représentent un des symboles de la lutte féministe polonaise. Encore plus depuis les premières manifestations de Strajk Kobiet contre la loi anti-IVG en 2016 sous la pluie (d’où l’appellation : La Révolution des Parapluies).

La deuxième image est une oeuvre réalisée par l’artiste Iwona Demko s’intitulant “Home Sweet Home”. Elle dénonce les violences domestiques. En Pologne, 3 femmes meurent chaque semaine sous les coups de leurs maris. L’artiste a trouvé son inspiration dans un enregistrement publié par Karolinę Piasecką épouse d’un ancien conseiller du parti conservateur PIS. Dans cet enregistrement, on pouvait entendre l’homme injurier de propos aussi atroces les uns que les autres sa femme. L’artiste a ainsi inscrit sur la porcelaine de son oeuvre les mots prononcés par ce politique à sa femme. Home Sweet Home …

Ces images représentent l’un des nombreux murs peint de photos, évoquant la lutte pour les droits des femmes, que l’on pouvait observer lors de l’exposition éphémère. Ici, sont exposées les manifestations contemporaines de Pologne, et notamment les Manifs Noires menées par les femmes en 2016.

Pauline Roussel

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